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  UN PEU DE GéOGRAPHIE ET D'HISTOIRE
 Sommaire des articles de cette rubrique
   
 Origine de la table de Peutinger (le 24/11/2007 à 09h53)

        

Origine de la table de Peutinger

     
La table de Peutinger est l'ancêtre des cartes routières. Elle couvre tout l'empire romain, et même au-delà : jusqu'en Chine. C'est une reproduction, faite à la fin du XIIe siècle, d'une copie réalisée vers 350, dont l'original est encore plus ancien. Cette carte a été découverte au début du XVIe siècle, à Worms. Elle a été confiée à Konrad Peutinger, contemporain d'Erasme, qui la publia (d'où son nom).
Elle mesurait plus de 6 mètres de long et 30 cm de large. Elle est aujourd'hui conservée à la Bibliothèque nationale de Vienne.
C'est une carte routière qui représente les principales routes de l'ensemble de l'empire romain. C'est une représentation schématique qui ne tient pas compte de l'échelle : c'est en fait plus proche d'un plan de métro que d'une carte routière.
Elle contient quelques erreurs et inexactitudes.
 
 
 
 
  table de Peutinger : document conservé à la Bibliothèque nationale d'Autriche
  table de Peutinger (reproduction)
  table de Peutinger (scannée) & index des toponymes
 
 
détail de la table de Peutinger : Provence


carte peutinger
 
 
 
 
    Légende de la carte de Peutinger
     
En bas à gauche, les bouches du Rhône, le premier affluent est la Durance.
  • Les doubles tours repésentent une étape importante, on reconnaît :
    Marseille (Massilia Grecorum), cité grecque, au centre,
    Arles (Arelate) à gauche du Rhône
    Riez (Reii Apollinares) dans les Alpes de Haute Provence, en bas, à droite
  • La maison représente des thermes :
    Aix en Provence (Aquis Sestis), citée fondée par Sextius, à droite de Marseille
  • L'édifice en forme circulaire est rare : il représente ici le port de Fos (Fossas Marianas). Le nom de Fos vient du canal réalisé au début du -Ier siècle par Marius pour rejoindre le Rhône (l'embouchure était alors envasée), à 1 mille au nord de la mer. Cet édifice n'apparaît que 2 fois sur la table : pour Fos et Ostie, le port de Rome. Le port de Fos fait aujourd'hui partie du port autonome de Marseille.
  • Le tracé rouge représente les routes avec les distances (en chiffre romain) :
    la distance Marseillle-Aix : XVIII (18 milles romains), soit une distance d'environ 26 km (1 mille représente 1478,50 mètres  voir conversion).

    Au nord de Marseille, la commune de Septèmes doit son nom à sa localisation au fait qu'elle est est située à la septième borne milliaire de Marseille.
  • Les villes secondaires : on reconnaît au nord d'Aix la ville d'Apt (Apta Iulia) entre Cavaillon et Sisteron (Segusterone), sur la voie Domitienne qui allait d'Espagne en Italie par le col du Montgenèvre.
  • Les noms des peuples importants : on reconnaît les Cavares qui vivaient dans la vallée de la haute Durance.
 
 
 
 
Voies romaines
  voies romaines de la Méditerranée : voie domitienne & voie aurélienne en France (des Pyrénées aux Alpes)
& voies de Corse, Italie, Grèce
     
     
  Histoire des grands chemins de l'Empire romain contenant l'Origine, Progrès & Eenduë quasi incroyable des Chemins Militaires, pavez dépuis la Ville de Rome jusques aux extremitez de son Empire, de Nicolas Bergier (1736) tome Ier
    a la carte de Peutinger
     
 
 
 
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En Europe du nord-ouest : les progrès grâce à la découverte des sources des grands fleuves

 On peut constater que les Romains ont su de mieux en mieux situer avec exactitude la source et le trajet des cours d’eau, manifestant ainsi un progrès notable dans la connaissance des montagnes par rapport à leurs prédécesseurs, dans la mesure où ils corrigeaient leurs données à l’aide des témoignages des voyageurs et des soldats qui pénétraient de plus en plus à l’intérieur des montagnes, et découvraient vraiment des massifs sur lesquels on ne faisait auparavant que des spéculations approximatives pour les sources des cours d’eau.

Il y a eu par exemple un progrès dans la connaissance de la chaîne des Alpes et des sources des grands fleuves qu’elle abrite, grâce à la campagne militaire de Terentius Varro contre les Salasses en 25 avant J.-C. et aux opérations de Tibère et de Drusus, sous Auguste, en 16 et 15 avant J.-C. qui ont permis de mieux connaître la région du Rhin supérieur, du Danube et du lac de Constance, et de construire de grandes voies par les cols du Brenner, du Splügen et de Maloja, reliant l’Italie au Rhin supérieur, tout en évitant les passages les plus élevés des Alpes en Suisse ou dans le Tyrol. 

La forêt Hercynienne

L’expédition menée en 9 ap. J.-C. a dissipé la confusion faite entre les Alpes et la Forêt Hercynienne, qui n’est plus « inconnue et inaccessible », comme l’écrit Florus ( II, 30, 27) : « Inconnue et inaccessible jusqu’alors, la Forêt Hercynienne fut par lui ouverte aux communications ».  On considère dorénavant ces hautes terres de Hesse et de Thuringe, reliées au massif de Bohême, comme un massif en tant que tel,  différent des Alpes et moins élevé qu’elles, contrairement à ce que l’on disait précédemment comme le précise Strabon (VII, 1, 3) : « Vers le sud le pays se relève et forme une chaîne qui se déploie vers l’est et, attenante aux Alpes, semble faire partie du massif alpin. Certains l’ont même soutenu explicitement en tirant argument de la situation dont j’ai parlé et du fait que ce massif porte la même forêt, en réalité l’altitude de ces cantons montagneux n’est pas aussi élevée ».

Les sources du Danube

Ces campagnes militaires du début de l’Empire servent aussi à corriger l’erreur qui date d’Hérodote sur la localisation des sources du Danube appelé d’abord seulement Istros ou Ister, et par conséquent à mieux connaître les montagnes dont est issu le fleuve. Depuis Hérodote (II, 33), repris par Aristote (Met, I, 13), qui faisait une confusion entre les Alpes et les Pyrénées, où il situait les sources de l’Ister, on n’avait guère montré de progrès. Puis les connaissances des montagnes deviennent plus précises avec les campagnes de Tibère et de Drusus qui ouvrent désormais des routes romaines par les cols du Brenner, du Splügen et de la Maloja ; Tibère découvre les sources du Danube après la soumission des Vindéliciens du lac de Constance, en 16-15 avant J.-C.  Les textes postérieurs à cette campagne témoignent des connaissances nouvelles de la région et les situent alors avec exactitude, près des sources du Rhin, dans les montagnes de la Forêt Noire. Strabon se pose ainsi en témoin de son temps et revendique le progrès de la connaissance de ces montagnes en donnant le repère historique de la campagne de Tibère (VII, 1, 5) : « On trouve près d’elle (la Forêt Hercynienne) la source de l’Istros et celle du Rhin (...) Tibère avait progressé d’une journée de marche quand il vit les sources de l’Istros ».

Il est vrai que la découverte des sources du Danube a été perçue comme un tel progrès que Horace l’a chantée dans deux de ses Odes (IV, 14, 15).  Pomponius Méla précise que le Danube prend sa source en Germanie et parle aussi de la découverte de ses sources et de l’assimilation enfin faite entre le Danube et l’Istros/Ister : Méla explique que c’est le cours supérieur qui est appelé Danuuius, et le cours inférieur Ister (II, 8).  C’est l’occasion de distinguer le mont où la source du Danube est située (II, 8) :  « Il porte, à sa naissance en Germanie où ses sources ont été découvertes, un nom différent de celui qu’il a dans sa partie terminale. ». Pline l’Ancien cite même un nom propre (IV, 79) : « L’Hister naît en Germanie, au col du mont Abnoba » . Tacite, dans sa Germanie, reprend l’information mais utilise le nom Danuuius, ce qui prouve que l’assimilation est vraiment faite entre les deux noms, quel que soit l’endroit du fleuve dont on parle (Germ.,I, 3) : « Le Danube, qui coule des pentes douces et faiblement inclinées du col du Mont Abnoba ».

Les sources du Rhin

Les progrès dans la connaissance de la chaîne des Alpes sont également perceptibles avec la localisation des sources du Rhin, qui est en fait formé de deux torrents alpins (le Rhin antérieur, au nord du Saint-Gothard, et le Rhin postérieur, sur l’Adula) . Dès César, les sources du Rhin ont été localisées approximativement « dans le pays des Lépontes »(BG, IV, 10). Entre 12 av. J.-C. et 6 ap. J.-C., des explorations sont entreprises par Drusus et Tibère (voulant faire reculer la frontière à l’Elbe) et permettent de mieux connaître les montagnes locales. Ainsi, il apparaît que Strabon s’attache à une étude beaucoup plus chorographique que ses prédécesseurs sur cette région, et qu’il peut préciser le nom du sommet où le Rhin postérieur prend source, nommé Mont Adula, ce qui permet de constituer une exception à la perception extrêmement globalisante des massifs qu’ont les Anciens, qui ne conçoivent pas les Alpes comme un ensemble de sommets individualisés.

Le fait que le Rhin, fleuve important géographiquement et historiquement, prenne sa source au Mont Adula selon Strabon, est la seule raison réelle pour laquelle les Anciens ont donné un nom propre à ce sommet des Alpes et ont affiné leur connaissance du massif. Certes, c’est une erreur que de situer cette source au Mont Adula (IV, 3, 3), mais cette erreur a l’avantage d’être l’occasion d’un progrès dans la conception individualisée d’un sommet, et donc la preuve de l’individualisation de certains sommets des Alpes : (...). Pline l’Ancien ne donne pas plus de détails (III, 134). Vitruve reste très évasif en parlant « du Rhin des Celtes » (VIII, 2, 9). Pomponius Méla ne reprend pas la localisation erronée des sources du Rhin au Mont Adula et garde une réserve prudente, tout en ajoutant une information sur le parcours du Rhin : le lac de Constance (connu par Strabon mais sans précision ni nom propre) se divise en deux parties. Tacite fait preuve de la même prudence que Méla en gardant une localisation imprécise dans la Germanie, puisqu’il parle seulement d’un « sommet des Alpes Rhétiques »  (Germ., I, 2) : « Le Rhin, sorti d’un des sommets inaccessibles et escarpés des Alpes Rhétiques ».

La source du Pô

Les Anciens n’ont donc donné de noms propres qu’à quatre sommets des Alpes : le Mont Adula, le Mont Ocra, le Mont Joras et le Mont Viso. Or l’individualisation des monts Joras et Viso est, elle aussi, due à la présence d’une source importante pour les Romains. La bonne localisation de la source du Pô sur le Mont Viso conduit Pline l’Ancien à préciser le nom de ce sommet des Alpes, ce que Strabon n’a pas su faire. Strabon parle en effet en détail des affluents du Pô mais ne situe jamais exactement sa source (IV, 6, 5). Il ne parle pas du Mont Viso, parce que, de fait, il n’y a pas encore lieu d’en parler en tant que source, et par conséquent il n’intéresse pas  encore les Anciens en tant que montagne. Avec Pline, par contre, on a l’indice d’un progrès dans la connaissance de la source du Pô et donc de l’individualisation du Mont Viso (III, 117) : « Le Pô sort du sein du Mont Viso, un des sommets les plus élevés de la chaîne des Alpes, sur le territoire des Ligures Vagiennes ; la source en est digne d’être visitée ». Pline met ici l’accent sur la source du Pô qui justifierait une visite au sommet, remarque exceptionnelle quand on connaît l’aspect répulsif qu’ont les montagnes dans l’imaginaire romain et la répugnance qu’ont les Romains à gravir une montagne dans un intérêt purement géographique.

La présence de la source est donc bien la seule raison pour laquelle cette montagne a été « découverte » et reconnue nominativement par les Anciens comme un sujet d’intérêt et de prospection. Virgile connaît l’existence du Mont Viso, et même sa végétation (pins et mélèzes sur les versants méridionaux), dans l’Enéide. Pomponius Méla reprend la localisation de la source au Mont Viso, mais corrige avec raison sa situation exacte par rapport au texte de Pline : elle est « au pied » de la montagne, et non « en son sein » (II, 62) « Le Pô naît tout au pied du Mont Vésule » .

 Progrès dans les Balkans

 

La péninsule balkanique est séparée de l’intérieur par des chaînes de montagnes qui longent les côtes sur l’Adriatique et la Mer Egée. L’avancée militaire en Europe centrale et balkanique induit de grands progrès dans la connaissance.

Sous Auguste, en 29-28 av. J.-C., Marcus Crassus établit la frontière de l’empire romain sur le bas Danube, comme en témoigne sommairement Dion Cassius (LI, 23-27). Crassus a sans doute repris la route qu’Alexandre avait parcourue en remontant la vallée de la Strouma, passant par Sofia et allant jusqu’au Danube en explorant les chaînes des Balkans et du Mont Rhodope par de nombreuses marches et contremarches. Pour s’assurer des communications directes entre l’Italie et la Mer Egée et le bas Danube, les Romains avaient déjà ouvert dans la moderne Albanie une route, la Via Egnatia. Puis en 35-34 av. J.-C., Octave ouvre une route à travers les montagnes de Dalmatie, de la ville antique de Senia (la moderne Zengg) à Siscia (Sisak) sur la Save, ce qui permet d’avoir une connaissance plus précise du relief de la région.

 

Carte des Balkans et du bas Danube (source : Cary M. et Warmington E.H.)

Le commerce de l’ambre, venu de Baltique, se développe nettement dès le début de l’empire, en particulier sous le règne de Néron, lorsqu’un chevalier romain (au nom inconnu) effectue un voyage de Carnuntum à la côte de la mer Baltique, passant sans doute par la Porte de Moravie et la Silésie. Les textes de Tacite évoquant les Germains montrent qu’il y a un progrès des connaissances dans cette région, mais il ne s’intéresse pas aux montagnes, pourtant nombreuses, s’attardant sur les tribus. Puis, en 6 ap. J.-C., Tibère doit être envoyé par Auguste pour envahir la Bohême, qui est un bastion montagneux, mais l’expédition est ajournée.

En 105-106, Trajan essaie un nouvel itinéraire par les montagnes, plus au sud que le précédent, entre Alessio (Lissus) et les Portes de Fer, pour contrer une invasion ponctuelle sur le bas Danube, mais cet itinéraire n’est guère utilisé par la suite. Trajan mène aussi de véritables explorations à travers les Carpathes du Sud par Cracovie vers la Transylvanie et la Vistule, et fait construire une route à vocation commerciale. Ptolémée est ainsi le premier à signaler l’existence des Carpathes : =o Karpéathw $orow (III, 5, 1 et 5) ; la mention de ce massif ne pouvait pas apparaître dans les textes de Strabon, Pomponius Méla ou Pline l’Ancien qui sont antérieurs à la campagne de Trajan, terminée en 107. Les Carpathes figurent aussi sur la Table de Peutinger sous le nom d’Alpes Bastarnice, inscrit en légende au-dessus des moutonnements ocres (en haut de l'image) :

Table de Peutinger, segment, VII, 2 : les Carpathes (Alpes Bastarnice) en haut

Ces expéditions militaires ponctuelles ont sans doute été l’occasion d’une meilleure connaissance de ces régions, très montagneuses et couvertes de forêts, mais les auteurs antiques ne prennent jamais comme sujet de leurs écrits les progrès de la connaissance sur les montagnes en tant que tels et ne donnent pas souvent d’informations sur la découverte de nouveaux massifs dans cette région, d’autant plus qu’il n’y a guère eu beaucoup de constructions de grandes routes très fréquentées suite à ces pénétrations romaines ou à ces nouveaux itinéraires ponctuels.

 


 

Progrès vers le sud

 

Les expéditions dans l’Atlas

Au sud de l’empire, en Afrique occidentale, au Ier siècle, les armées ont progressé aussi de façon notable au cours d’une poursuite contre les Maures.  En 20 ap. J.-C., sous Tibère, Cornelius Balbus mène une expédition contre les Garamantes, citée par Pline (V, 35-38) et il parcourt à peu près 1300 km. Il s’ensuit une triomphe à Rome où défilent notamment des simulacres de montagnes, de fleuves, de villes et de peuples, ignorés jusque là. Les textes mêlent souvent en une seule présentation deux campagnes différentes dans l’Atlas, en 41 et 42 ap. J.-C. : celle de Suétonius Paulinus, qui a décrit la flore de l’Atlas, son sommet enneigé (sans doute le Djebel Ayachi, qui culmine à 3737 m, selon J. Desanges) et celle d’Hosidius Géta. Elles ont marqué les mémoires en ayant dépassé l’Atlas, comme le dit Solin (XXV) : « Suétonius Paulinus a mis la dernière main aux connaissances sur ce sujet, lui qui, le premier et presque le seul, a porté au-delà de l’Atlas les étendards romains. ». A la suite des armées, de nombreux civils ont pénétré dans l’Atlas.

 

Les sources du Nil

Dans la région du Nil, même si les Romains ne vont jamais élucider le mystère de ses sources, l’intérêt pour leur localisation a pour conséquence la découverte de nouvelles montagnes africaines. Au début du Ier s., la localisation des sources est totalement inconnue. Sans prendre parti, Strabon rapporte une opinion selon laquelle les sources du Nil se trouvent « sur les sommets de Maurousie » (XVII, 3, 4), c’est-à-dire dans un Atlas mal déterminé, suivi par Vitruve. Celui-ci précise qu’à la source, le Nil porte le nom de Niger, puis qu’il disparaît dans des lacs pour ressurgir ensuite sous son vrai nom. Vitruve (VIII, 2, 6) et Pline citent eux aussi un lac (Eptabolus) traversé par le Nil dans son haut cours puis de « montagnes désertiques » (montes desertos) .

Selon Méla (I, 50), le Nil a sa source dans les déserts d’Afrique. Pline ne progresse guère, présentant un Atlas aux caractéristiques légendaires, mais il nous apprend que la région des sources du Nil n’a été explorée à son époque que par des civils (V, 51-52). La source de ses informations serait un dénommé Dalion (VI, 183), qui serait remonté en amont de Méroé, mais Pline conserve un flou sur la localisation des sources du Nil en donnant pour seule –et fausse- information  (V, 52) : « (Le Nil) a sa source dans une montagne de la Maurétanie inférieure, pas loin de l’Océan, et il forme tout de suite un lac stagnant appelé Nilidès. » « une montagne de la Maurétanie inférieure, pas loin de l’Océan », sans nom particulier.

Puis deux expéditions romaines ont eu lieu vers ce que Ptolémée (I, 7-10) appelle l’Ethiopie intérieure, nettement plus à l’est que précédemment : Néron organise une expédition vers le haut Nil pour en découvrir les sources, inconnues jusqu’alors. Entre 76 et 110 ap. J.-C.,  une expédition a été menée par Septimius Flaccus, propréteur de Numidie (pendant trois mois, sous Vespasien, pour mettre fin à des agitations des peuples de l’intérieur) (I, 8, 4), une autre par un dénommé Julius Maternus, (pendant quatre mois et 14 jours) (I, 11, 4). Cependant, Dion Cassius (LXXV, 13) parle encore de l’Atlas pour les sources du Nil, cependant ce n’est plus un Atlas légendaire, mais la chaîne qui barre le Maroc actuel. Par contre, Ptolémée cite de nouvelles montagnes, grâce sans doute à ces avancées romaines de plus en plus loin vers le sud aux premier et deuxième siècles : il s’agit de « nombreuses » et « hautes » montagnes situées à la limite de la « terre inconnue ». Ptolémée se fonde notamment sur des documents utilisés par Marin de Tyr, rédigés sous les Flaviens, par un marin dénommé Diogène, qui est allé vers le sud jusqu’au cap Rhapta (vers Dar es Salaam, selon J.Desanges) et a recueilli des informations sur les sources du Nil et d’autres grandes montagnes neigeuses « voisines de l’Equateur ». Ptolémée précise qu’elles sont si peu connues que la plupart ne portent pas de nom (IV, 9, 6 ) : « Cette région a d’autres nombreuses et grandes montagnes jusqu'à la terre inconnue : elles ne portent pas de nom pour la plupart, mais voici celles qui sont connues (...) ». Il cite donc ensuite les cinq noms qu’il connaît : Dauchis, Ion, Zipha, Ineschi/Mesche, Barditon, qui enrichissent indubitablement la connaissance de la partie sud de l’Afrique romaine et font reculer les limites de la terre inconnue (flèche bleue). Ptolémée apporte aussi une précision inédite encore plus précieuse pour les Anciens sur des montagnes d’Afrique situées au-delà des itinéraires, au sud des lacs du Nil , en leur donnant un nom :  « les Monts de la Lune »  (Seléhnhw $orh) (IV, 9, 6) . Ils se trouvent selon lui à l’extrémité sud-est de la partie connue de l’Afrique et leurs neiges, en fondant, alimentent les lacs situés plus au nord, d’où sortent deux cours d’eau dont la réunion forme le Nil, auquel s’ajoute un affluent issu du lac Coloe, en Abyssinie  (IV, 8, 3) : « La montagne de la Lune, dont les lacs du Nil reçoivent l’eau des neiges, et les extrémités de la montagne de la Lune a les coordonnées suivantes (...) ». Il ajoute ensuite les coordonnées de ces montagnes.

Carte de l'Afrique d'après Ptolémée, en latin, manuscrit Parisianus Latinus 10764  de 1490, fol. 292v-293

Sur les cartes réalisées à la Renaissance d’après les indications de Ptolémée comme celle que nous proposons, aux confins de la terre connue, on constate la présence nette de ces nouvelles montagnes africaines qui n’étaient pas citées par les autres auteurs ou seulement évoquées de façon floue, sans localisation et sans qu’il apparaisse un nom qui leur fût propre. Ainsi, Strabon se contentait de faire, certes à juste titre, une relation de cause à effet entre les crues du Nil et les pluies estivales sur les « Monts d’Ethiopie » (XVII, 1), qui correspondent sans doute à la source du Nil Bleu.

Certes, les coordonnées fournies par Ptolémée pour ces montagnes sources du Nil  (la question des sources du Nil est très complexe, puisqu’il y a deux Nils : le Nil Bleu et le Nil Blanc) sont fausses car il les place trop au sud ;  mais établir l’existence de ces Monts de la Lune, dont on en sait guère s’ils correspondent à un ensemble formé par les monts de l’Ousagara (2400 m), de l’Ounyamouési et et du volcan Virounga (4507 m), c’est approfondir la connaissance de ce continent en ayant tenté de résoudre un problème essentiel, celui des sources du Nil, posé depuis longtemps sans être résolu.  Même si l’existence de ces montagnes est hypothétique à cause des problèmes de localisation et de reconnaissance exactes par rapport au texte grec, le géographe cherche ici une explication rationnelle au mystère du cours du Nil, qui intriguait beaucoup les Anciens, et la présence de lacs aux sources du Nil est réelle. Le Nil Bleu descend du lac Tana, le Nil Blanc des lacs Victoria et Kyoga, non loin du Mont Elgon et du Mont Kenya.  Sur la Table de Peutinger, le Nil naît dans le sud de la Cyrénaïque, d’un grand lac aux formes régulières d’un bassin, au sein d’un cadre montagneux très marqué, à la limite sud du monde représenté :

Table de Peutinger,  segment VIII, 1-2 : le Nil et sa source, dans un lac au milieu d’ un cadre très montagneux (source : Bosio, p. 35)

Mais ces montagnes ne portent pas de nom. Par contre, le lac, nommé Lacus Tritonum sur le segment précédent de la Table, serait un souvenir de celui dont Diogène aurait entendu parler sur les côtes d’Azanie vers la fin du Ier siècle, c’est-à-dire un des grands lacs d’Afrique orientale d’où sort le Nil Blanc, probablement l’immense lac Victoria. Quand on considère l’environnement réel de ce lac, on constate en effet qu’il y a de très hautes montagnes sur son côté oriental : le Mont Elgon (4321 m), le Mont Kenya (5199 m), le Méru (4565 m), le Kilimandjaro (5895 m) et sur son côté occidental  le Ruwenzori (5109 m).

Après Ptolémée, les connaissances ne progressent plus guère en Afrique : Denys le Périégète, repris par Aviénus au IVe siècle, ne cite pas de nouvelles montagnes et Orose dans son chapitre géographique, très peu, qui sont en plus difficiles à localiser. Cette situation va subsister jusqu’au XVe siècle et même XIX e siècle pour certaines parties intérieures de l’Afrique ! Les « Mont de la Lune » apparaissent sur certaines cartes jusqu’au début du XIXe siècle.

 


 

Progrès vers l’est

Des campagnes militaires

Alexandre avait doublé le domaine géographique connu des Grecs, en particulier vers l’Inde et la Chine modernes. En 69-68 av. J.-C. , Lucullus avait traversé le Tigre et pénétré dans le haut plateau d’Arménie. Puis Pompée, en 66, dans sa campagne contre Mithridate, parcourut les régions entre la Mer Noire et la Mer Caspienne, soumit les Ibériens des pentes méridionales du Caucase, ainsi que les Albaniens, pénétrant dans des régions inconnues des Romains. Cette expédition marque de grands progrès dans la connaissance du Caucase.

Sous l’Empire romain, des progrès ont encore lieu, parfois visibles tardivement dans les textes par rapport à la date d’apport des informations. Par exemple, sous le règne de Claude, des ambassadeurs viennent de l’île de Taprobane (Ceylan), mais Pline n’apporte aucune information sur le relief de cette île, pourtant montagneuse (I, 81). Par contre, Ptolémée présente deux montagnes dans l’île (VII, 4, 8). Il invente les Monts Galiba, source selon lui du Phasis et du Ganges, mais il cite à juste titre des montagnes au centre de l’île, les Monts Malaia, qui correspondent au Pic d’Adam moderne, qui culmine à 2243 m. Il est précis, en les orientant NW/SE et en ajoutant qu’ils sont la source de l’Azanos, du Soanas et du Barakês, et qu’ils ont dans leur piémont des pâturages d’éléphants. Or il est exact que les forêts de l’île de Ceylan regorgeaient d’éléphants. Cette chaîne de montagnes apparaît aussi sur la Table de Peutinger , mais sans légende onomastique pour la montagne qui la traverse de part en part, de taille exagérée par rapport à l’île elle-même :

 Table de Peutinger,  segment XI, 4-5 : l'île de Taprobane (Ceylan), insula Taprobana

A la fin du règne de Néron se monte une expédition à grande échelle (une progression de plus 1000 km vers l’Est) vers les confins du Caucase et la Mer Noire, dont témoigne Pline l’Ancien, au passage de la correction d’une erreur d’onomastique sur les Portes Caspiennes  (VI, 40) : « On disait que l’expédition menée par l’empereur Néron visait les portes Caspiennes », ainsi que Suétone, qui précise que Néron a créé une nouvelle légion pour cela (Néron, XIX, 4) : « Il préparait aussi une expédition vers les Portes Caspiennes, pour laquelle il avait fait enrôler en Italie une nouvelle légion ne comprenant que des recrues de six pieds, qu’il appelait la phalange d’Alexandre le Grand. ».  Tacite parle quant à lui d’un envoi de troupes contre les Alains nomades, mais la version officielle était un progrès vers les confins du Caucase. De plus, on a la preuve archéologique qu’une expédition militaire, certes postérieure au règne de Néron, sous le règne de Domitien (84-96), est arrivée très loin au-delà des avant-postes romains de l’est, jusqu’à la mer Caspienne :  l’inscription (AE, 1951, 263), signée par un centurion, est gravée dans la roche du Mont Bejuk-Daš, à 4 km du rivage. Cependant, les textes géographiques postérieurs à ces expéditions ne donnent guère plus de précisions qu’auparavant sur les montagnes, ce qui confirme une fois de plus que les progrès des connaissances géographiques ne transparaissent pas nécessairement dans les sources antiques à leur juste valeur.

La route de la soie

C’est dans les extrémités orientales de l’empire que les progrès des connaissances sur les nombreuses chaînes de montagnes sont les plus importants. La route de la soie entre Hiérapolis et Sera, la « ville de la soie » en Extrême-Orient (Sérique), joue à cet égard un grand rôle. Hiérapolis était à cinq jours de route à l’est d’Antioche, non loin de l’Euphrate. La route (Ptol., I, 12) passait par la Mésopotamie, l’Assyrie, Ectabane en Médie (Hamadhan), les Portes Caspiennes (défilé de Sirdara, à 500 km de Suse, 60 km au sud-est de Téhéran), Hécatompylos en Parthie, puis montait vers l’Hyrcanie, au sud-est de la Mer Caspienne, traversait l’Arie, Antioche en Margiane (Merv), Bactres (Balkh), passait dans les « Monts Comèdes », en tournant vers le nord. Après ce « trajet en montagne » qui se terminait en à-pic qu’il fallait gravir, on débouchait sur un plateau et la « Tour de Pierre » (Tashkurgan ?), d’où partait d’après Ptolémée « la chaîne de montagnes orientée plein est, aboutissant au Mont Imaus, qui lui, remonte de Palimbrotha en direction du Nord ». La seconde partie de cette route était moins bien connue. La route évitait en tout cas les très hautes montagnes du Tibet.

 Parcours présumé de la route terrestre de la soie, qui évitait les très hauts sommets d'Asie (D. Dumas-Acolat)

 

Alors que chez Strabon, l’extrémité est du continent asiatique reste un espace mal connu, et que la chaîne du Taurus est le seul massif qu’il cite, Pomponius Méla et Pline l’Ancien (VI, 53) font, eux, une distinction nette entre le Taurus et un certain Mont Tabis, qu’ils placent à l’extrémité orientale du monde. Méla écrit ainsi que le Mont Tabis se trouve dans un pays peu fréquenté car dangereux, ce qui peut justifier un manque d’explorations antérieures et la découverte assez tardive de cette montagne que l’on n’a pas identifiée (III, 60) :  « Viennent ensuite à nouveau des contrées désertes infestées de bêtes monstrueuses et qui vont jusqu'à une montagne appelée mont Tabis, qui surplombe la mer. A une grande distance de celui-ci s’élève le mont Taurus. ». Pline confirme cette présentation (VI, 53) :  « A nouveau des déserts peuplés de bêtes jusqu'à une montagne appelée Tabis, qui s’avance dans la mer ». On retrouve les mêmes éléments : proximité de la mer et région dangereuse. Les descriptions restent floues et confinent aux mythes. Les deux auteurs utilisent sûrement la même source ou bien le premier influence le second, sans avoir de données précises.

Selon Ptolémée, Marin de Tyr aurait eu le témoignage d’un commerçant macédonien appelé Maes Titianos, qui aurait envoyé des agents vers les Sères (les Chinois) vers 120 ap. J.-C., explorant de nouvelles contrées et donnant des informations assez vagues sur les chaînes du Pamir, du Tian Chan, de l’Altaï et sur les montagnes de la Chine. On découvre donc de nouvelles montagnes et on précise les ramifications et les sous-ensembles. Les informations tirées des récits de ces voyageurs transparaissent dans la présentation de l’intérieur de l’Asie par Ptolémée. Il cite une nouvelle chaîne vers le nord, à l’est des bassins de la Caspienne, qu’il appelle Imaos et qui coupe en deux le pays des Scythes. Cet arc montagneux, qu’il oriente globalement du sud vers le nord, correspond à une partie divergente de l’Himalaya, appelée maintenant Altaï, qui n’avait pas été donnée comme telle jusque-là : Strabon et Pline parlaient bien du Mont Imaos (II, 5, 31), mais ils le situaient dans le prolongement de l’axe du Taurus, à l’extrémité est de la chaîne, au nord de l’Inde jusqu’à l’Océan Oriental. Pomponius Méla ne le citait pas. Il y a donc un apport indubitable de Ptolémée à la connaissance géographique de la région, à l’organisation et à la pensée de l’espace, puisqu’il est le premier à écrire clairement que cette chaîne, qui diverge vers le nord-est à travers l’Asie centrale à partir du groupe des Pamirs et n’est pas dans l’axe général du Taurus et du Caucase, servant à faire la distinction entre la Scythie intra Imaum et la Scythie extra Imaum dans la classification du géographe grec (VI, 14, 15).

 

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 Courriaulx,c'est avant tout une histoire. (le 24/11/2007 à 07h05)

Courriaulx,
c’est avant tout une histoire…

Dans le Sud de Pont-à-Celles, un hameau est appelé La Chaussée.  Il est quasi certain qu'il doit son nom à l'ancienne chaussée romaine qui reliait Bavai à Cologne. 
Plus au Sud encore, l'autoroute de Wallonie l'a aujourd'hui remplacée, lui laissant ici et là des traces par un écart, comme pour nous permettre de remonter le temps.
Par ailleurs, le croisement des rues de la Chaussée et de Courcelles fait également se croiser les temps : l'asphalte laisse la survie à la terre, invite à abandonner l'auto et à s'aventurer dans le serpentin étroit entre labours et bois, au-delà duquel se voit la ferme de Courriaulx.

Origines

Des théories ont circulé sur les origines de Courriaulx, mais nous nous abstiendrons de les rapporter ici, puisqu'elles ne s'appuient sur aucune trace historique, la première datant de la fin du XIIe siècle.

Le premier travail scientifique à propos du passé de Courriaulx est celui de l'historien Stephan VAN LANI, ABDIJ VAN 'T PARK -Pachthoeven en landbouw domein, Leuven, V.Z.W., Vrienden van  de Abdij van't Park, 1999, duquel proviennent les extraits traduits par Michèle Heck pour les nos 82 et 83 de CELLA.

A. Phase de fermage religieux

1. Du 13e au 16e siècles :  période paisible.

Confirmé en 1205 par une charte du Duc Henri de Brabant, Jehan, seigneur de Traleis (Traulée) sous Celles, a, vers 1185, cédé à l'abbaye de Parc, "de son propre gré et d'accord avec sa femme et son fils, pour le salut de son âme et de celle de ses ancêtres", 60 bonniers (soit environ 50 ha., ndlr) de fief, situés à Traulée, renonçant en faveur de Parc, à tous les droits qu'il avait sur la cense de Courriaulx.     Les religieux de Prémontré (Les religieux de Prémontré [localité française où Saint Norbert, fondateur de l'ordre, établit en 1120 le premier monastère], sont des chanoines, adeptes de la règle de Saint Augustin. /note de CELLA) établis en 1129 dans le "parc" et pavillon de chasse du Duc de Brabant Godefroid-le-Barbu, aux environs de la ville de Louvain, administrèrent cette propriété dont "le praepositus devait remettre à l'abbaye, une partie des revenus de la cense, en argent et en grains (froment, seigle, épeautre, graine de navets) en laine, cuir, tissus, fromages, porcs, moutons; une autre partie servait à payer la nourriture et les habits de ses confrères le salaire et la nourriture des ouvriers agricoles et des domestiques de ferme, ainsi que l'entretien et 1a réparation des bâtiments, des chariots, charrues, herses, et autres instruments, et la nourriture du bétail"

Toutefois, poursuit le même article, "le Duc Jean II de Brabant a accordé à Courriaulx une charte le dispensant de corvées de fourniture de chevaux et chariots pour les déplacements au profit du Duc".

Sous le regard du dessiinateur local, Jean-François Charles
Originaire de la localité, Jean-François CHARLES, auteur de bandes dessinées, a, pour CELLA, vu la scène à sa manière.
Texte de la bulle :
"Le duc Jean II de Brabant exempte de corvée la cense de Corréal pour services rendus à ce prince à la bataille de Woeringhen "

Mais le nombre de frères convers diminue bientôt, et Parc loue ses propriétés fermières à des laïcs pour des termes de 6 ou 9 ans (dès 1315 en ce qui concerne la cense de Courriaulx).

Trace :
Chapelle du 14e scle
Chapelle du 14e sciècle.

2. 17e au 18e siècles : dans le tourbillon des guerres.

a) 17e siècle

Proie facile par sa situation, la ferme est désertée de 1672 à 1674 : les soldats du prince de Condé installé à Trazegnies ne cessent de piller la contrée, et ce n'est qu'en 1678, par le traité de paix signé entre la France et les Provinces-Unie qu'on peut concevoir des travaux de réparation et la reprise des travaux champêtres sur des terres laissées si longtemps en friches. Parc, à cette fin, a "dispensé le censier de payer son loyer et loué à des tiers 60 bonniers de terres du domaine de Corréal.". Ce n'est que vers la fin du 17e siècle que "la superficie du domaine atteignit à nouveau 146 hectares et que les parcelles qui avaient été sous-louées furent récupérées."

b) 18e siècle

Par la fin de la guerre de succession d'Espagne (1713), les fermes d'abbaye prospèrent à nouveau, et c'est ainsi que les locataires d'alors, Jacques Hauchamps et Marie-Philippine Ghison, exécutent des travaux de restauration (la pierre armoriée et datée qui existe encore ainsi que le corps de logis datent de cette époque) et bénéficient de la réduction d'une moitié de leur fermage à cause d'une perte de récoltes due à une invasion de souris.

Mais en 1744, à cause de la guerre de succession d'Autriche, les soldats français passant par-là prennent la récolte engrangée pour l'hiver. Le couple tiendra néanmoins durant huit ans encore, avant d'être remplacé par Albert Joseph Liégeois et son épouse Isabelle Sibille.  La location était alors de 1418 florins par an. 

Maïeur de Nivelles, Albert Joseph Liégeois fut plus que censier du grand Courriaulx : il collectait les dîmes pour le village de Celles.

Jusqu'en 1771, année où Pierre-Jacques Navarre le remplaça, des travaux de constructions furent consentis; une bergerie, des contreforts en pierre et des pilastres pour renforcer la grande grange, des travaux aux écuries et aux étables. En 1774, Jean-Baptiste Navarre succède à son frère Pierre-Jacques.

pierre armoriée de 1722
Datée de 1722, cette pierre armoriée>
fut restaurée par ordre du prélat
Jérôme de Waarseggere.

B. Phase du fermage privé

C'était cinq ans avant la fin de l'ancien régime : le Pouvoir politique issu de la Révolution de 1789 supprima le culte catholique et confisqua le biens religieux; "comme toutes les autres fermes de l'Abbaye de Parc, la cense de Courriaulx, fut, en 1797, déclarée "Domaine National"et mise aux enchères publiques."  Le rapport d'expertise de Jean-Baptiste Courtin nous laisse la description suivante : une ferme dite Courriau consistante en une maison couverte d'ardoises, propre à l'exploitation dudit bien et en assé bonne état, mais demandant quelques réparations, contenant six places, une chapelle, un fourni, caves et greniers, une grange, cinq écuries, quatre bergeries, plusieurs rangs, un charti, deux puits et un jardin".

Divisé en six lots, c'est l'ensemble qu'acheta le citoyen Emmanuel Quintart, ancien moine capucin de Namur (18 Germinal de l'An V , soit 7 avril 1797).


C. Phase de la propriété "fermière"

On reste jusqu'à présent sans trace des années suivantes, jusqu'en 1835, où un Bruxellois acquit la propriété.

1892  1935
1892            et                            1935

Ses héritiers, après la tentative d'incendie de la grange du 19e siècle par les troupes françaises, la vendirent, en 1942, à Alfred Dupont, spéculateur financier investissant dans les fermes et terres (il aurait acquis jusqu'à vingt-deux exploitations).  Bien que les alliés eussent à nouveau endommagé la grange à la fin de la deuxième guerre mondiale (1945), il ne se défit pas de ce bien qu'il loua à Dorsan Neirynck à partir de novembre 1945.

Réfugié originaire de Tielt (Flandre Occidentale), Dorsan se sentit si bien à Pont-à-Celles, qu'il "posa sa candidature aux élections communales et occupa à plusieurs reprises les fonctions d'échevin." 

1974-75

Mais vingt-huit ans après cet enracinement, quelques mois avant son droit à la pension, Dorsan apprend que l'héritier d'Alfred Dupont vend Courriaulx. D'abord décontenancé, il suggère aussitôt à sa fille, Marie-Jeanne, et son beau-fils, Daniel Marsil, d'acheter "sa" ferme, tandis qu'il prend ses dispositions pour que les 73 hectares de terres et prés qui en dépendaient restent dans son giron.  Premier de l'histoire à avoir été à la fois propriétaire et fermier de Courriaulx, ce couple l'exploite aujourd'hui encore avec plus de 100 hectares de terres et, en moyenne, 120 bovidés.

Depuis des siècles, la pittoresque ferme de Courriaux domine les étendues vallonnées au nord de Charleroi conclut Stephan VAN LANI dans son étude qu'il termine par ces mots : "L'histoire a été dure mais aussi souvent généreuse pour la ferme et ses habitants. S'y succédèrent des reconstructions -souvent directement consécutives aux guerres et au pillage- qui ont façonné l'aspect actuel de l'ancienne ferme d'abbaye."

Cella 82     Cella 83
Informations venant du site:http://www.courriaulx.net
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 Pourquoi cette rubrique?? (le 02/03/2007 à 16h46)

Pourquoi cette rubrique??

Pourquoi?Tout simplement si vous n'aimez pas trop les jeux vidéo,pour passer le temps voilà cette rubrique.Regardez,c'est toujours instuictif!!

Bonne visite!!!

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